Cinquante ans ont passé depuis la création des CPAS, le 8 juillet 1976. L'occasion pour Carlo Caldarini de nous inviter à regarder cette institution non pas pour ce qu'elle fait, mais pour ce qu'elle révèle de notre société.

En 1976, moins d'un habitant sur mille percevait le minimex. Aujourd'hui, ce sont 23 personnes sur mille qui bénéficient du revenu d'intégration ou d'une aide équivalente — dans une Belgique pourtant objectivement plus riche, plus instruite et en meilleure santé. Ce paradoxe est le point de départ d'un article que nous vous invitons vivement à découvrir : « 8 juillet 1976 : ce que les 50 ans des CPAS disent de nos sociétés ».
Loin d'un simple bilan institutionnel, Carlo Caldarini y développe une thèse forte : les CPAS ne luttent pas contre la pauvreté, ils en subissent les conséquences, à la manière des services d'urgence d'un hôpital. Ils constituent en revanche un observatoire exceptionnel — et largement sous-exploité — des transformations profondes de notre État social.
L'article explore notamment :
- pourquoi 93 000 jeunes de moins de 25 ans, dont sept sur dix sont étudiants, dépendent aujourd'hui de l'aide sociale ;
- en quoi la pauvreté doit se comprendre comme une trajectoire plutôt qu'un état, faite d'interactions entre difficultés qui se renforcent mutuellement ;
- comment cette précarité se transmet et se partage, bien au-delà des seuls bénéficiaires comptabilisés dans les statistiques ;
- le rôle encore trop invisible du travail communautaire face à cette réparation permanente ;
- et une donnée saisissante : le risque de recourir au revenu d'intégration est jusqu'à trente fois plus élevé selon la commune belge où l'on habite — un droit fondamental qui ne devrait pourtant jamais dépendre d'un code postal.
Un texte à la fois personnel et documenté, qui invite les acteurs du secteur social à changer de regard sur cinquante ans d'histoire — pour mieux penser les cinquante prochaines années.
À propos de l'auteur
Carlo Caldarini est socioéconomiste et docteur en pédagogie sociale. Il débute sa carrière dans les années 1980 aux côtés de Bertrand Schwartz, pionnier des missions locales en France. Depuis, il met son expertise au service d'instituts de recherche, d'universités, de syndicats, de centres de formation, d'associations, ainsi que d'autorités locales et d'organismes gouvernementaux en Italie, en Belgique et dans d'autres pays européens. Auteur d'une centaine de publications, il a été professeur d'université et travailleur social. Il était, jusqu'à il y a peu, responsable des études et de la recherche sociale dans l'un des plus grands CPAS de Belgique.
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